mercredi 3 mars 2010

Parution du décret n° 2010-112 (

Bonjour,

J'ai le plaisir de vous informer de la parution du décret n° 2010-112 du 2 février 2010 pris pour l'application des articles 9,10 et 12 de l'ordonnance du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre   les autorités administratives*.
*
Ce décret concerne plus précisément le référentiel général de sécurité (RGS), qui définit les règles auxquelles les systèmes d'information doivent se conformer pour assurer la sécurité des informations échangées. Les fonctions concernées sont par conséquent l'identification, la signature électronique, la confidentialité et l'horodatage.

Le décret décrit par conséquent les fonctions de sécurité des systèmes, traite de la qualification des produits de sécurité, ainsi que des prestataires de services de confiance,  de la validation des certificats électroniques et enfin, du référencement des produits de sécurité et des prestataires de confiance.

Un arrêté approuvant une version précise du RGS, doit paraître dans les prochaines semaines.

Le RGS compte parmi les référentiels généraux de l'administration électronique, qui sont portés par la direction générale de la modernisation de l'Etat (DGME), comme le référentiel général d'accessibilité pour les administrations (RGAA) et le référentiel général d'interopérabilité (RGI). Concernant le RGI, je vous renvoie à l'instruction DITN/RES/2009/009 du 17 novembre 2009, concernant la publication du référentiel général d'interopérabilité (RGI). Version 1.0, qui est publiée sur le site du Service interministériel des Archives de France (SIAF).

Françoise Banat-Berger
Direction générale des Patrimoines
Service interministériel des Archives de France
Chargée de la sous-direction de la politique interministérielle
et territoriale pour les archives traditionnelles et numériques

Il comporte les parties suivantes : 

CHAPITRE IER : REFERENTIEL GENERAL DE SECURITE

CHAPITRE II : FONCTIONS DE SECURITE DES SYSTEMES D’INFORMATION

CHAPITRE III : QUALIFICATION DES PRODUITS DE SECURITE

CHAPITRE IV : QUALIFICATION DES PRESTATAIRES DE SERVICES DE CONFIANCE

SECTION 1 : HABILITATION DES ORGANISMES QUI PROCEDENT A LA QUALIFICATION DES PRESTATAIRES DE SERVICES DE CONFIANCE
  
SECTION 2 : QUALIFICATION DES PRESTATAIRES DE SERVICES DE CONFIANCE PAR DES ORGANISMES HABILITES

CHAPITRE V : VALIDATION DES CERTIFICATS ELECTRONIQUES

CHAPITRE VI : REFERENCEMENT DES PRODUITS DE SECURITE ET DES PRESTATAIRES DE SERVICES DE CONFIANCE

mardi 2 mars 2010

Les archives dans la jurisprudence. Première typologie

Après 4 billets d'études de cas, un premier relevé des types d'affaires où ressort le terme "archives" dans la jurisprudence des Juris-classeurs.
  • Quelques cas ne portent aucunement sur des documents, mais sortent du moteur de recherche comme bruit de fonds sans relation avec le fonds des affaires : des particuliers domiciliés "rue des Archives", quelques sociétés "Archives X ou Y".
  • La part des contentieux portant sur des des archives non-françaises semble significative dans la première tranche de décisions relevées, particulièrement dans des cas d'immigration de pays du tiers ou quart-monde, ou dans les cas d'adoption d'enfants. Cela ne semble pas étonnant vu la lutte gouvernementale contre l'immigration clandestine et quelques affaires d'adoption "hâtives" venues du Tchad ou des pays touchés par le tsunami de 2004, et la dialectique est classique : le recours aux archives, corrélé aux politiques restrictives ? Transparence de l'Etat, recherche d'informations fiables ?
  • La part des contentieux portant sur les services d'archives, leurs personnels ou les lecteurs est restreinte (cf "être mutée aux Archives est-il une punition ?"), ce qui n'est pas illogique vue la proportion restreinte de la population dans ce cas. "Debout, les archivistes de la Terre" ne fournira pas les bataillons du Grand soir. Ces cas ne montrent pas une société particulièrement éprise de ses archivistes, mais transcrivent plutôt le cliché usé des Archives poussiéreuses, vieillottes et remplies de personnels bourrés. Rien de neuf là-dedans, rien d'étonnant même à ce que la jurisprudence traduise in fine et les poncifs sociaux et la réalité qu'ils créent parfois : on mute quelquefois de vieux ronchons, des narcoleptiques, des asociaux ou des alcooliques chroniques aux Archives, parce qu'aux Archives on trouve etc. etc. . Cela ne définit bien sûr ni notre identité ni notre travail, mais un système de régulation des "cas surnuméraires" plus ou moins prononcé qu'organisent toutes les DRH du monde. Avec un bémol néanmoins : plus l'attente politique liée aux projets des archives est forte, moins le handicap de ce type est élevé -au sens équestre du terme, celui d'un poids ralentissant un cheval pour équilibrer les chances-. De ce point de vue encore, la cellule réduite du records manager est "avantagée" par rapport aux organismes patrimoniaux où sont nécessaires des personnels plus nombreux et moins qualifiés. Ce robinet peut-il être fermé ? Sans doute pas, et j'y vois au moins deux raisons. Des services culturels comme les ADs sont souvent capables, par l'humanité du cadre de travail et les relations personnelles qui se nouent entre les personnels, mais aussi avec les lecteurs, d'absorber en douceur quelques collègues simples ou compliqués -c'est bon pour les lecteurs aussi de voir que la magasinière est autiste, qu'il faut lui expliquer très posément et clairement sa demande, et qu'on ne peut pas sans déclencher un traumatisme lui souhaiter "à demain" en pensant "à lundi" lorsqu'on est vendredi soir et qu'elle ne travaille pas le samedi. Nos collègues des DRH sont d'autre part soumis à des pressions terribles de tous côtés, et à choisir entre deux services, les archives ne sont pas toujours le plus mauvais endroit où placer le collègue dont le lecteur se plaint et demande si "on ne pourrait pas le mettre dans un endroit moins problématique". Up to a point, of course, les équipes uniquement composés de criminels sur le retour ne fonctionnent vraiment qu'au cinéma...
  • Un nombre important de jugement de mon échantillon portait sur des contentieux liés à une affaire de sang contaminé et à une série de plaintes individuelles récemment jugées. Dans cette affaire comme dans quelques autres, l'ensemble des archives de l'hôpital/de la banque/de la société en faillite/etc. ont mystérieusement été détruites... Il ne s'agit toutefois, pour la première affaire citée, que des multiples jugements individuels concernant le même dossier. Archives absentes, preuves absentes ? Le caractère probatoire in absentia ou non des documents est évidemment une catégorie à part, mais pas si forte pour l'instant en nombre de cas relevés.
  • Présentes, les archives sont dangereuses également, et tout d'abord par leur présence matérielle : dans un cas d'incendie, le procès-verbal "établit qu'à cette date là, les locaux n'avaient pas été vidés de divers matériels, détritus, bidons, produits inflammables, archives et machines"... dans un autre cas de dommages physiques, un ex-employé mentionne que l'employeur aurait laissé sur place une partie du stock et des archives, dont le transport lui aurait causé un préjudice grave. Que l'on se rassure, la cour d'appel a présumé complète la libération de la pièce de son logement occupée par la société : on ne saurait abandonner ses archives...

La suite au prochain temps libre...

vendredi 26 février 2010

Qu'est-ce qu'un records manager ?

Au cours d'une discussion avec deux collègues me pressant de définir ce qu'était un records manager par rapport à un "archiviste classique", on me fit remarquer avec justesse que les compétences initiales ou acquises de traitement, description ou sélection des fonds n'étaient pas forcément différentes alors que les deux pôles du records management et de l'archivage à vocation patrimoniale l'étaient. Il me fallut donc trouver un autre angle pour expliquer cette différence, ou du moins l'auto-perception de cette distance.

Si les compétences et la formation initiale sont les mêmes, que l'intelligence n'est ni plus vive ni plus assoupie chez l'un que l'autre, comment expliquer que ce terme barbare recouvre en fait une différence suffisante, essentielle et quotidiennement vécue ?

Il restait une différence, para-archivistique :

Le records manager, c'est l'archiviste qui fréquente Eyrolles.

C'est-à-dire qu'il s'agit forcément d'un manager intégré dans son organisation, compétent dans les différents domaines de la gestion de projet, de l'audit organisationnel et de l'accompagnement du changement. Ce qui n'empêche pas les archivistes patrimoniaux d'être aussi doués dans ces domaines, on peut être patrimonial et polyvalent comme on peut faire du RM et être abonné à la BEC pour autre chose que sa chronique mondaine.

J'en tire une conclusion simple : la formation des records managers devrait forcément comprendre un socle dans ces domaines, avant même les questions particulières de gestion de l'information. En un court brainstorming, quelques minutes et une short-list de lectures sur : 

  • Les FRAP
  • Gantt
  • Perth 
  • roues de Deming
  • SWOT
  • et autres outils pour Conduire un projet d'organisation
  • la gestion d'équipes (Belbin)
  • les théories des institutions (Mintzberg)
  • Les logigrammes pour l'analyse des processus
  • une pincée de statistiques, du moins les quelques formules indispensables pour sélectionner un échantillon "représentatif" et tirer quelques tendances de données, au-delà des taux prévisionnels habituels de remplissage des magasins
  • quelques notions de marketing ou de com (segmentation des publics, les outils usuels)
  • etc.
On me rétorquera qu'il y a mille raisons pour un conservateur ou équivalent de fréquenter assidûment la librairie du Boulevard Saint-Germain, ou plutôt mille fonctions qui l'imposent : chef de projet architectural, responsable du financement de projets ministériels, responsable de numérisation de masse, etc., etc. Ouida. Mais étrangement, nous avons des points communs, des passerelles entre projets, des échanges de recettes et des réactions communes qui nous rapprochent davantage que nos métiers ne pourraient le laisser croire.

lundi 22 février 2010

Les archives dans la jurisprudence 4/...

Avant une petite tentative de synthèse des occurrences des "archives" dans la jurisprudence, ou du moins une liste récapitulative sommaire, un dernier cas qui illustre parfaitement le cliché cent fois entendu, comme quoi les archivistes sont à leur poste suite à des fautes passées sérieuses, volontairement commises et probablement répétées...


Ne riez pas, vous les avez tous entendus, ces commentaires-là :
Complice : -Mais entre nous, vous avez choisi votre poste ?
Curieux : -Et vous auriez-voulu faire quoi dans la vie à la place ?
Marchand d'aspirateur : -Votre patron est vache, de vous infliger une vie sans lumière dans la poussière...
Modiste : - La cravate, c'est pour épousseter ?
Geek : - [avec signes de stupéfaction]Vous pouvez m'envoyer la référence par mail ? Mais alors, vous savez taper sur un clavier ? J'aurais pas cru... 
Trader : - Et en plus ça doit pas être bien payé, porter des cartons.
Hindou partisan du système des castes : -C'est bien qu'il y ait des gens comme toi.
Tout ça pour dire que les mêmes clichés existent pour les bibliothécaires (vieille fille en blouse grise, ou intello en gilet marine, voire zombie à la Michael Jackson), mais qu'il existe néanmoins une hiérarchie dans les bas-fonds de l'humanité que sont les métiers culturels. Lorsqu'une bibliothécaire est mutée d'office aux archives, cela donne ça :

Cour administrative d'appel de Bordeaux, 2e chambre, 15 Décembre 2009
n° 09BX00512
[...]
Vu la requête enregistrée au greffe de la Cour le 23 février 2009 sous forme de télécopie, confirmée le 2 mars 2009, présentée pour Mme X, demeurant ..., par Me Bineteau, avocat ;
Mme X demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement n° 0500204 du 11 décembre 2008 par lequel le Tribunal administratif [d'une île ensoleillée] a rejeté sa demande tendant à la condamnation de la commune de [En-haut-sur-la-Montagne] à lui verser la somme de 105 000 euros en réparation des préjudices qui lui ont été causés par les agissements fautifs dont elle a été victime ;
2°) de condamner la commune de [En-haut-sur-la-Montagne] à lui verser une indemnité de 105 000 euros augmentée des intérêts au taux légal à compter du 21 octobre 2004, date de réception par la commune de sa réclamation préalable ;
3°) de mettre à la charge de la commune de [En-haut-sur-la-Montagne] la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Vu la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
Vu la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
Vu la loi n° 2001-2 du 3 janvier 2001 relative à la résorption de l'emploi précaire et à la modernisation du recrutement dans la fonction publique ainsi qu'au temps de travail dans la fonction publique territoriale ;
Vu le décret n° 88-145 du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents non titulaires de la fonction publique territoriale ;
Vu le décret n° 2002-348 du 13 mars 2002 pris pour l'application de l'article 4 (3°) de la loi n° 2001-2 du 3 janvier 2001 et relatif à la reconnaissance de l'expérience professionnelle en équivalence des titres ou diplômes requis pour l'accès aux cadres d'emplois dans la fonction publique territoriale ;
Vu le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 17 novembre 2009 :
le rapport de M. Valeins, président assesseur ;
les observations de Me Monod représentant la commune de [En-haut-sur-la-Montagne] ;
les conclusions de Mme Fabien, rapporteur public ;
La parole ayant été à nouveau donnée aux parties ;
Considérant que Mme X interjette appel du jugement du 11 décembre 2008 par lequel le Tribunal administratif [d'une île ensoleillée] a rejeté sa demande tendant à la condamnation de la commune de [En-haut-sur-la-Montagne] à lui verser la somme de 105 000 euros en réparation des préjudices qu'elle aurait subis du fait de divers agissements fautifs de cette collectivité ;
En ce qui concerne la responsabilité de la commune résultant d'un refus d'intégration directe :
Considérant qu'il résulte de l'instruction qu'une première demande présentée le 3 mai 2003 par Mme X, au maire de la commune de [En-haut-sur-la-Montagne] dont elle est un agent, d'intégration directe dans le cadre d'emplois des conservateurs territoriaux de bibliothèques sur le fondement des dispositions de l'article 4 de la loi susvisée du 3 janvier 2001, a été rejetée implicitement par cette autorité ; que, par une décision en date du 10 juin 2009, ce refus d'intégration a été annulé par le Conseil d'Etat ; que Mme X a présenté une seconde demande d'intégration directe qui a été rejetée implicitement par le maire de [En-haut-sur-la-Montagne] le 30 juillet 2006 ; que, par un arrêt de ce jour rendu dans l'instance n° 09BX00513, la Cour a annulé cette dernière décision et a enjoint au maire de transmettre la demande de Mme X de reconnaissance de son expérience professionnelle à la commission visée à l'article 4 du décret n° 2002-348 du 13 mars 2002 et de statuer sur sa demande d'intégration directe dans le cadre d'emplois des conservateurs territoriaux de bibliothèques ; que, si les deux refus d'intégration directe illégaux sont fautifs et de nature à engager la responsabilité de la commune de [En-haut-sur-la-Montagne], Mme X n'est toutefois pas fondée, à la date du présent arrêt, à demander sa condamnation à lui verser la somme de 85 000 euros correspondant au traitement et indemnités qu'elle aurait pu percevoir en qualité de conservateur territorial de bibliothèque, dès lors qu'un nouveau refus est susceptible de lui être légalement opposé, à la suite de l'injonction de la Cour adressée à la commune, qui serait fondé sur la circonstance que la commission visée à l'article 4 du décret susvisé du 13 mars 2002 n'aurait pas reconnu l'expérience professionnelle de Mme X en équivalence des conditions de titres ou de diplômes requis pour se présenter au concours externe de conservateur territorial de bibliothèque ;
En ce qui concerne la responsabilité de la commune résultant de la détérioration des conditions de travail de Mme X :
Considérant que pour justifier ses conclusions tendant à la condamnation de la commune de [En-haut-sur-la-Montagne] à réparer les préjudices physique et moral que lui aurait causés la détérioration de ses conditions de travail à la suite des agissements du maire, Mme X invoque les problèmes de santé dont elle souffrirait à la suite de ces agissements, tels que : état anxio-dépressif, irritabilité et troubles du sommeil ; qu'à l'appui de ses conclusions, la requérante produit un certificat médical indiquant qu'elle souffre d'un syndrome anxio-dépressif réactionnel ainsi qu'un arrêt de travail pour dépression ; qu'il ne peut toutefois être déduit de ces documents ni à quelle date ces problèmes de santé sont survenus ni s'ils sont davantage imputables à la vie professionnelle de Mme X qu'à sa vie privée ou familiale ; que, dans ces conditions, n'est pas établi le lien de causalité entre les agissements du maire dont elle se dit victime et les préjudices physique et moral qu'elle invoque ; qu'en conséquence, Mme X n'est pas fondée à demander la condamnation de la commune de [En-haut-sur-la-Montagne] au titre de ces chefs de préjudice ;
En ce qui concerne la responsabilité de la commune en raison d'un détournement de pouvoir :
Considérant que, si la requérante reproche au maire de [En-haut-sur-la-Montagne] de ne pas l'avoir maintenue à la tête de la bibliothèque municipale et de l'avoir nommée en qualité de responsable du service des archives et allègue que ces mesures auraient été prises dans le seul but de lui nuire, il résulte toutefois de l'instruction que ledit service des archives, dont la création constituait pour la commune une obligation légale, devait être pourvu d'un responsable et que sa nomination a donc été prise dans l'intérêt du service ; que la circonstance que le maire ait souhaité renouveler le responsable de la bibliothèque municipale ne révèle pas en soi une volonté de dévaloriser la requérante ; que ledit service a réellement été organisé par la commune et doté de moyens tels que locaux aménagés et divers matériels de bureau ; qu'un autre agent a également été nommé dans ce service pour seconder la requérante dans sa tâche d'organisation du service ; que Mme X a bénéficié de quarante sept jours de formation pour assumer ses nouvelles responsabilités ; que, si Mme X a subi une perte de responsabilités en raison du moins grand nombre d'agents à diriger, il ressort des circonstances ainsi rappelées que la requérante, par sa nomination comme responsable du nouveau service municipal des archives ne peut être regardée comme ayant été victime d'agissements vexatoires de la part du maire de [En-haut-sur-la-Montagne] ; que, si la mention de responsable ne figure plus sur ses bulletins de paie, cette absence s'explique par le fait que les nouveaux bulletins n'indiquent plus que le grade des agents et non par une volonté du maire de dévaloriser la requérante ; que, dans ces conditions, Mme X ne peut se voir indemnisée en raison d'un préjudice moral qui lui aurait été causé par sa nomination en qualité de responsable du service municipal des archives ;
En ce qui concerne la responsabilité de la commune résultant de l'illégalité de l'avertissement infligé le 19 août 2004 :
Considérant que Mme X a été sanctionnée par un avertissement par décision du maire de [En-haut-sur-la-Montagne] du 19 août 2004 ; que cette sanction a été annulée par décision du Conseil d'Etat du 1er décembre 2008 pour le motif qu'elle était entachée d'un vice de procédure, la requérante n'ayant été invitée à consulter son dossier que par la même décision qui prononçait l'avertissement ; que, si l'irrégularité de cette décision engage la responsabilité de la commune, l'intéressée n'a toutefois pas droit à réparation, en raison de l'absence de préjudice, dès lors que ladite sanction était justifiée par son refus de collaborer avec le nouveau responsable de la bibliothèque municipale en ne lui indiquant pas les modalités de fonctionnement du logiciel de catalogage des ouvrages qu'elle avait contribué à mettre en place et alors même que d'autres agents auraient été en mesure de renseigner le responsable de la bibliothèque ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que Mme X n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le Tribunal administratif [de l'île ensoleillée] a rejeté sa demande de condamnation de la commune de [En-haut-sur-la-Montagne] ;
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
Considérant que ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de [En-haut-sur-la-Montagne], qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que Mme X demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens ; qu'il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de Mme X la somme que demande la commune de [En-haut-sur-la-Montagne] au titre des frais exposés et non compris dans les dépens 
DECIDE
Article 1er : La requête de Mme X est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de [En-haut-sur-la-Montagne] tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.


Ouf, nous sommes sauvés, être nommé responsable d'un service d'archives n'est pas une punition en soi !
Mais il n'empêche, cette lancinante question me tracasse depuis : pour 105 000 euros, somme demandée en réparation par la requérante, combien de conservateurs des bibliothèques accepteraient de devenir conservateur d'archives ?

dimanche 21 février 2010

Les archives dans la jurisprudence 3/4

Le post d'hier ayant certainement mis le SIAF dans tous ses états, j'imagine que vous vous êtes naturellement tourné vers le recueil Lebon des arrêts du Conseil d'Etat de 1903 (p. 780) pour lire par anticipation au délai blogueur de publication cette décision du Conseil d'Etat -encore- du 11 décembre de ladite année.

Cette année là, ou plutôt l'année précédente car nous ne sommes plus dans une procédure urgente, était survenu l'impensable...

Il s'agissait tout simplement de la première nomination d'un non-chartiste, pas même archiviste, à la tête des Archives -je rappelle que les AN comprenaient alors encore et pour un bon siècle, ce qui est aujourd'hui deux administrations distinctes, le SIAF et le SCN Archives nationales. C'est bien du top job  qu'il s'agit. 

Sandale sandale, le Conseil d'Etat finit par devoir se prononcer, au lieu de profiter de la vue sur la cour du Palais-Royal sans les colonnes de Buren :

Conseil d'Etat 11 Décembre 1903. Contentieux administratif - n° 10211
[...]
Vu la requête présentée par le sieur Lot [Ferdinand] archiviste-paléographe, maître de conférences à l'école des hautes-études, et tendant à ce qu'il plaise au Conseil annuler un décret, en date du 31 mars 1902, par lequel le sieur Etienne Dejean, agrégé d'histoire a été nommé directeur des Archives ; Vu la loi du 7 messidor an II ; Vu l'arrêté des consuls du 8 prairial an VIII ; Vu l'ordonnance du 5 janvier 1846 et le décret du 22 décembre 1855 ; Vu les ordonnances des 11 novembre 1829 et 31 décembre 1846 ; Vu les décrets des 14 mai 1887, 23 février 1897 et 25 janvier 1888 ; Vu les lois des 7-14 octobre 1790 et 24 mai 1872 ;


Considérant que les dispositions de l'article 7 du décret du 14 mai 1887 qui exigent qu'aux archives nationales les titulaires des emplois autres que celui de commis soient pris parmi les archivistes-paléographes confèrent à ces derniers un droit exclusif à l'obtention de ces emplois ; qu'ainsi le sieur Lot, en sa qualité d'archiviste-paléographe a un intérêt personnel et est par suite recevable à demander l'annulation de toute nomination faite contrairement aux dispositions qui précèdent ;


Au fond : Considérant que le sieur Dejean a été nommé par le décret attaqué directeur des archives, ce titre ayant été substitué par l'article 4 du décret du 23 février 1897 à celui de garde général mentionné dans le décret du 14 mai 1887 ; que cette fonction qu'il n'appartient qu'au chef de l'Etat de conférer ne constitue pas un emploi dans le sens de l'article 7 de ce dernier décret ; qu'en effet les emplois dont il est fait mention en cet article sont définis par l'énumération du personnel des archives telle qu'elle est contenue en l'article 4, et que les membres de ce personnel, placés d'après l'article 11 sous l'autorité du garde général au point de vue disciplinaire, sont aux termes des articles 5 et 6 à la nomination soit du ministre de l'instruction publique, soit du garde général ; qu'il suit de là qu'aucune disposition en vigueur n'a limité le choix du Président de la République en ce qui concerne le chef de service préposé à la conservation et à l'administration des archives nationales et que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation du décret attaqué ;

DECIDE

Article 1er : La requête du sieur Lot est rejetée.
Article 2 : Expédition de la présente décision sera transmise au ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts.

Puisque la réflexion fondant ce jugement de 1903 pourrait aussi bien être utilisée demain pour imposer ou refuser un directeur d'archives départementales non chartiste ou conservateur, -il y a je crois un vieux décret en ce sens-, on peut constater que la question n'est pas épuisée. Quant au fond du problème -j'ignore tout des heurs et malheurs d'Etienne Dejean à la tête des archives française-, illustre-t-il un certain corporatisme dont on pourrait trouver des exemples contemporains, ou bien plutôt l'absence de consensus large autour des définitions des différents métiers que pratique un archiviste, et partant des compétences, formations et expériences qu'il est nécessaire de posséder pour accéder aux postes nécessitant ces aptitudes et qualité (cf le billet sur les travaux de Jean-Daniel Zeller).


Encore une fois l'effet du hasard, mais le lien avec l'actualité fait qu'il y a quelques jours a été nommé un directeur de « l'administration des archives » conservateur, mais non archiviste-paléographe. Inutile d'ester en justice chères consoeurs et confrères, même si le paragraphe sur le fond vous donne comme à moi des maux de tête pour le comprendre, la nomination est valide ! Martine de Boisdeffre a cédé son trône, vive Hervé Lemoine !
NOTA. On notera néanmoins que le Ministre des archives, qui n'est plus aujourd'hui celui des Beaux-Arts mais "de la Culture et de la communication", continue de de croire obligé d'intervenir dans la signalétique de l'Ecole des Beaux-Arts, au prix d'un surcroît de travail pour lui -mais sans rémunération supplémentaire-, certainement par un louable souci de fidélité à la filiation de son ministère manifestée ici.

That's all folks. Demain, la réponse à LA question existentielle : être muté(e) aux archives est-il une punition ?

samedi 20 février 2010

Les archives dans la jurisprudence 2/4

Suite aujourd'hui de la recherche des archives dans les Juris-classeurs, avec le dernier texte en date à l'heure de ma recherche (13 février 2010), un référé du Conseil d'état du 2 Février 2010 sur un contentieux administratif portant sur la délivrance de visas d'entrée en France pour deux enfants Haïtiens :
Juge des référés, N° 334522, décision en appel du 2 février 2010
BEAUVAIS
MINISTERE DE L'IMMIGRATION, INTEGRATION, IDENTITE NATIONALE ET DEVELOPPEMENT SOLIDAIRE
[...]
Vu la requête, enregistrée au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat le 11 décembre 2009, présentée par Mme Léone A, demeurant ... ; Mme A demande au juge des référés du Conseil d'Etat :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté son recours dirigé contre la décision du 7 août 2008 de l'ambassadeur de France en Haïti, refusant un visa de long séjour à ses deux enfants, Synthia et Daphnée B, en qualité de membres de famille d'un réfugié statutaire ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire de réexaminer la demande de délivrance de visa des enfants Daphnée et Synthia B (alias A), et ce dans un délai de 20 jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
elle soutient que la requête est recevable dès lors que la notification de la décision de l'ambassadeur de France en Haïti est irrégulière puisqu'adressée à une adresse incomplète ; que l'urgence est caractérisée dès lors qu'elle est séparée de ses enfants depuis 2002 ; qu'il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée qui est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; qu'en effet, les actes de naissance de Synthia et Daphnée B établissent leur filiation ; que l'administration ne prouve pas que ces documents ne sont pas authentiques ; qu'au surplus, la filiation est prouvée pour les enfants par la possession d'état ; qu'enfin, la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales garantissant le droit à une vie familiale normale, ainsi que celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

Vu la décision dont la suspension est demandée ;
Vu la copie du recours présenté le 31 juillet 2009 et la copie du recours complémentaire présenté le 11 août 2009 par Mme A à la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France ;
Vu la copie de la requête en annulation présentée par Mme A ;
Vu le mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2010, présenté par le ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire, qui conclut au rejet de la requête ; il soutient que l'urgence ne serait caractérisée que si la filiation entre la requérante et ses filles était établie , ce qui n'est pas le cas ; qu'il n'existe pas de doute sérieux sur la légalité de la décision contestée ; qu'en effet, l'administration a procédé à l'authentification des actes de naissance auprès des archives haïtiennes ; qu'il est apparu que le sceau, la signature et les références des actes étaient faux ; qu'ainsi, aucune erreur manifeste d'appréciation n'a été commise ; que, la filiation entre la requérante et ses filles n'étant pas établie, la décision contestée ne méconnaît ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Vu la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
Vu le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Vu le code de justice administrative ;
Après avoir convoqué à une audience publique, d'une part Mme A, et d'autre part, le ministre de l'immigration, de l'identité nationale, de l'intégration et du développement solidaire ;
Vu le procès-verbal de l'audience du 28 janvier 2010 à 11 heures au cours de laquelle ont été entendus :
- Me Roger, avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, avocat de Mme A ;
- Mme A ;
- Le représentant du ministre de l'immigration, de l'identité nationale, de l'intégration et du développement solidaire ;

Considérant que si la requête fait état de conclusions aux fins d'annulation des décisions contestées, il ressort de son intitulé et de la mention de l'article L.521-1 du code de justice administrative qu'elle tend à ce que soit ordonnée la suspension desdites décisions ;
Considérant qu'aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ;
Considérant que Mme A, ressortissante haïtienne née en 1970, est entrée en France en 2002 et a obtenu le statut de réfugié à la suite d'une décision de la commission des recours des réfugiés du 10 octobre 2003 ; qu'elle conteste le refus de visa opposé à sa demande tendant à faire venir en France ses deux filles ;
Considérant que le refus opposé par l'administration se fonde sur le caractère apocryphe des actes produits à l'appui des demandes ; que, cependant, il ressort des explications fournies en séance par Mme A qu'ayant dû quitter précipitamment Haïti, elle n'avait pas en sa possession les documents d'état-civil de ses enfants et que les documents produits à l'appui des demandes de visa l'ont été par une tierce personne ; qu'au cours de l'instruction, elle a produit de nouveaux actes de naissance délivrés en juin 2009 dont la signature a été légalisée ; que si la situation actuelle en Haïti ne permet pas de procéder à des recherches sur l'authenticité de ces documents, cette circonstance ne peut suffire à les écarter ; que, par ailleurs, Mme A avait mentionné en novembre 2003 l'existence de ses deux filles dans le dossier devant l'OFPRA, et qu'elle a justifié de versements réguliers d'argent à l'intention de ses enfants ; que, dans ces conditions, il résulte de l'ensemble des éléments de la procédure un doute sérieux, en l'état de l'instruction, quant au bien-fondé du motif tiré de l'incertitude du lien de filiation entre la requérante et ses deux filles ;
Considérant que la séparation entre Mme A et ses deux filles est, dans les circonstances de l'espèce, constitutive d'une situation d'urgence que les tragiques événements survenus en Haïti aggravent de manière considérable ;
Considérant que de tout ce qui précède il résulte que Mme A est fondée à demander la suspension de l'exécution de la décision contestée ; qu'il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire de réexaminer la demande de Mme A, au regard des motifs de la présente ordonnance, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de celle-ci ; qu'il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte ;
Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme A de la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;

ORDONNE

Article 1er : L'exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté la demande de Mme A est suspendue. Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire de réexaminer au regard des motifs de la présente ordonnance, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de celle-ci, la demande de visa présentée par Mme A. Article 3 : L'Etat versera à Mme A la somme de 1 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté. Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme Léone A et au ministre de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire.

Une décision issue du hasard des bases de données, mais qui illustre bien le cas fréquent d'utilisation des archives en liaison avec l'actualité la plus humanitaire, plus que patrimoniale.

Le billet de demain partira en 1903, à l'autre extrémité du spectre chronologique des Juris-classeur. Il s'agira de la première occurrence des "archives". Elle est aussi significativement ancrée dans l'actualité que celle-ci, puisqu'elle répond 58 ans avant la naissance d'Hervé Lemoine, à la question que pourraient aujourd'hui se poser tous les archivistes : sa nomination d'Hervé Lemoine comme directeur des archives est-elle légale ? C'est un teasing un peu facile, mais ... à demain.

vendredi 19 février 2010

Les archives dans la jurisprudence 1/4

Samedi en salle de lecture. La pièce est pleine et chaude, il neige à l'extérieur et les lecteurs se penchent sur les tables. Deux dorment, le noir hivernal envahit les fenêtres, il faudra penser à les réveiller avant la fermeture.

Entre une floppée de questions, quelques instants de répit que je mets à profit pour satisfaire une vieille curiosité : interroger les bases de données juridiques au mot "archives" et voir quelles occurences sortent, quelles jurisprudences utilisent le terme et dans quel contexte.

Il y aurait bien entendu tout ça à explorer, cela faisait beaucoup. On s'est donc limité à la version électronique des Juris-classeurs.

Cette base propose en version électronique une réplique exacte de la version imprimée de la publication à feuillets mobiles. Elle comprend aussi la revue La Semaine juridique, dans ses trois éditions en texte intégral depuis 1995 (générale, notariale, entreprises) ainsi qu'une sélection de décisions rendues par les différentes juridictions françaises depuis au moins le début du XXe siècle, ainsi que la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l'homme et celle de la Cour de Justice des Communautés européennes. On y trouve également la législation française : le Journal officiel en texte intégral depuis 1990, et la législation consolidée depuis 1539 -il reste apparemment encore des textes du XVIe siècle en vigueur, ou des bribes remaniées par 20 générations de législateurs. Le fonds de la base consacré à la doctrine est issu d'une centaine de revues éditées par le Juris-Classeur, disponibles en texte intégral.

La fenêtre de recherche principale est assez ergonomique, permettant de combiner facilement des termes ou de limiter les recherches à une partie des bases.
Pour ne pas aller trop loin, je réduis :
Recherche simple par mot ou expression : "Archives".
Sources : j'ai limité à jurisprudence, pour n'avoir que les décisions
Période : sans limitation de dates
Clic sur Recherche.
...
...
...
L'exercice révèle 1610 résultats. Par juridiction, on trouve une prééminence marquée de la Cour de cassation, puis les différentes cours d'appel judiciaires et administratives.
Tribunal des Conflits (1)
Cour de Cassation (716)
Conseil d'Etat (245)
Cours d'appel judiciaires (333)
Cours administratives d'appel (284)
Tribunaux judiciaires (21)
Tribunaux administratifs (6)
Autorité administrative indépendante (2)
Autre (2)



Il s'agit d'un contentieux judiciaire dans 1071 cas, administratif dans 539 décisions. Quant au contenu, il révèle effectivement, avec un bruit de fonds réduit, tous les usages effectifs des archives dans la vie sociale et commerciale française.  Mais comme les cas sont tous plus passionnants les uns que les autres, j'ai préparé une petite série de billets sur le thème.
...
à suivre demain, 12h00 !

jeudi 18 février 2010

Explorons la dimension émotive des archives ?

 L'enquête ci-dessous est éminemment biaisée dans sa formulation au profit de la patrimonialité (l'unicité du document, un support exceptionnel, l'importance du créateur ou de l'information, etc), mais intéressante par cela même que le questionnaire même nous révèle sur l'horizon de perception que nous souhaiterions avoir : sans doute des héros méconnus, pivots essentiels dans la découverte de sources historiques fondamentales, quelque chose comme cela.
Cela peut être vrai, mais mea opinione l'archiviste est aussi généralement dôté(e) d'un bon sens terre à terre qui lui fait dire sans émotion, tous les jours et plus d'une fois :
-- Ca ma bonne dame/mon bon monsieur, c'est à éliminer, aucun intérêt, et même si c'est intéressant votre carton j'en ai une série de 3000 semblables donc j'en fais un échantillonnage à 1%. Donc jetez moi ce truc dans la broyeuse et enlevez vos mains de là, sinon c'est confettis et votre alliance risque de casser la machine ça m'embêterait beaucoup, elle est neuve.
Ou bien 
-- Oui bien sûr, j'accepte avec plus d'enthousiasme les versements de contentieux bien sordides des RH et les illisibles documents juridiques du Service des marchés que les photographies du départ en lune de miel de ces deux charmants collègues du 2e étage ou le récit en 3 tomes des 6 mois qu'une journaliste a passés, déguisée en femme de ménage, dans le service d'archives. On n'est ni à la fondation Cartier-Bresson, ni à l'IMEC ni au Nouvel Obs ici, c'est les archives, c'est pas glamour, c'est utile !
Mais bon, je sais, chuis un vieux grognon. Et je vais quand même remplir ce questionnaire, parce qu'il y a des documents qui m'ont touché dans ce que j'ai pu voir. Mais jamais pour eux-mêmes, toujours pour les personnes dont l'étincelle de vie avait, ce jour-là, été enregistrée sur le papier. En y réfléchissant, c'est une vraie différence par rapport à ma pratique des musées, où il m'arrive régulièrement de tomber en extase devant un objet : le scribe assis au Louvre, Santa Maria dei Miracoli à Venise, la porte d'Ishtar au Pergamon...

***Invitation à participer à un sondage***

Les membres du Groupe interdisciplinaire de recherche en archivistique (GIRA) souhaitent explorer la dimension émotive des archives dans le cadre du 6e symposium du GIRA qui aura lieu au Centre d¹archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec le vendredi 19 mars 2010.

En vue de préparer une séance d¹échange et de discussion qui aura lieu dans le cadre de ce symposium autour de la question de l¹émotion et de son impact sur la pratique des archivistes, nous invitons la communauté archivistique à compléter et à nous retourner un questionnaire au plus tard le 10 mars.

Si vous êtes archiviste professionnel, technicien(ne) en documentation, commis ou stagiaire dans un service d¹archives, nous comptons sur votre participation!

Toutes les réponses seront traitées de manière anonyme. Nous apprécierons recevoir vos commentaires et vous remercions d¹avance pour votre temps et votre contribution à cette réflexion.

Le questionnaire est court et devrait prendre seulement une quinzaine de minutes à compléter :
http://www.gira-archives.org/documents/enquete_gira.pdf

Comptant sur vos réponses,

Bien cordialement,

Sabine Mas
Responsable du GIRA
Pour information : sabine.mas@umontreal.ca
Inscription au 6e symposium du GIRA :
http://www.gira-archives.org/documents/formulaire_inscription_gira.pdf
Site web du GIRA : http://www.gira-archives.org

mardi 2 février 2010

Formation CNAM en "maîtrise de l'archivage à l'ère numérique"

Pour les personnes intéressées par le certificat de spécialisation du CNAM « Maîtrise de l’archivage à l’ère numérique », de mars à juin 2010 :
Les inscriptions seront ouvertes du 1er au 13 février 2010, voir http://formation-paris.cnam.fr.
Les inscriptions se font en ligne. Il y aura une permanence d’accueil sur cette formation le samedi 6 février de 10 à 12h, au Cnam Paris 292 rue Saint Martin 75003 Salle des textiles accès 7.

Le certificat regroupe deux UE (unités d’enseignement) :
NTD002 -  Fondamentaux et méthodes du records management dans l'environnement numérique (cours du mardi matin)
NTD003 - Conduire un projet d'archivage/records management (cours du lundi soir)
La formation est rattachée cette année au Pôle STS (sciences du travail et de la société) du Cnam, chaire d’ingénierie documentaire dont dépend aussi l’INTD.

Marie-Anne Chabin (Archive 17 et co-responsable au CNAM de cette formation)

jeudi 28 janvier 2010

Le schéma EAC disponible mi-février ?

Après plusieurs reports de la date de validation du schéma EAC pour polissage des derniers détails (les relations entre le nom et les alias ou noms secondaires), le schéma implémentant en xml la norme ISAAR-cpf devrait être publié dans moins d'un mois, et révolutionner à moyen terme les interfaces de recherche des catalogues d'archives, en permettant des descriptions riches des producteurs, indépendantes des fonds. Ces fiches sont d'autre part très facile à réaliser collaborativement, avec des outils de wikis par exemple. Peut-être est-il même temps d'aller vers une base unique nationale de producteurs alimentée tant par les producteurs que par les archivistes et le public ?

EAC-CPF Standard Release Progress Statement

The EAC Working Group would like to thank our colleagues who participated in the review of the draft standard. By request, we extended the review period an additional two weeks to provide ample time for feedback. The Working Group received many excellent suggestions and has worked to incorporate these suggestions. Because of the nature of the suggestions and the disruption of the holiday season, the final release of the schema has been delayed. Our intention is to now complete the work before the end of February 2010. Please do not hesitate to contact Kathy Wisser (wisser@simmons.edu), Chair of the EAC Working Group, if you have any questions.
_______________________________________________
EACWG mailing list
EACWG@lists.village.Virginia.EDU
http://lists.village.Virginia.EDU/mailman/listinfo/eacwg

mercredi 27 janvier 2010

ECA 2010

 Le programme provisoire de la 8e conférence européenne sur l'archivage numérique (ECA 2010, du 28 au 30 avril à Genève), vient d'être mis en ligne. Les titres et les intervenants sont encore susceptibles de changer, mais l'équilibre général est là.

lundi 25 janvier 2010

2010

La RGPP (réduction générale des post publiés) a commencé très fort cette année en raison d'un épais amoncellement de dossiers, mais aussi d'un certain nombre de réflexions sur l'objet de ce blog, ses liens avec les outils de veille en cours de mise en place, les auteurs de contenus possibles.

Dès à présent, je change le sous-titre de l'Affaire, "normes et (in)communicabilité, qui datait d'une ère ancienne où ces questions étaient au coeur de ma pratique : si je garde aujourd'hui un oeil sur l'actualité juridique du métier, je regarde de plus en plus les normes comme un outil parmi d'autres, et les cas subtils de demandes d'archives par dérogation à la loi "comme étranges de moi s'enfuient".

Organisation et méthodes : voilà une description plus adaptée à mes fonctions de records manager, en tout cas aux questions sur lesquelles je tente d'apporter un un regard critique et -quelquefois- un brin de réponse.

Les thèmes suivants devraient donc apparaître sur l'Affaire dans les semaines à venir :

  • Réflexions sur le rapport annuel et les différents livrables sur les activités
  • Exemples de projet de performance et de contrat de service (plan pluriannuel)
  • Où va la normalisation ?
  • Exemples d'intranet : les archives à valoriser
  • Exemples d'intranet : sans le nommer, mettre le records management au coeur de la pratique de l'utilisateur
  • Les réformes en cours dans les services d'archives français : où vont l'ex-DAF,  le SHD, les archives des Affaires étrangères ?
  • Formations initiales et formations continues : où se former au RM en 2010 ?
  • Quels débouchés, quelles entreprises travaillent dans les secteurs d'activités des archivistes (des éditeurs de coffres-forts électroniques aux éditeurs de SI en passant par les tiers-archiveurs) ?
  • Quelques jurisprudences intéressantes (statut des mails envoyés depuis une boite à lettre individuelle professionnelle, etc.)
 Bonne année 2010 !

jeudi 24 décembre 2009

Résultats du concours INP 2009 : comme en 2008...

Les résultats du concours de recrutement des conservateurs du patrimoine, dont les archivistes, sont parus la semaine dernière.

[Mise à jour le 24/12/09 pour tenir compte des commentaires et de diverses réactions.]

Pour mémoire, étaient ouverts 9 postes de conservateurs d'Etat au concours externe, 1 au concours interne, et 3 postes de conservateurs territoriaux : 2 en externe et 1 en interne. Soit un grandiose total de 13 archivistes pour enseigner la culture du records management -pardon, je voulais bien sûr dire le Latin classique- à l'Etat et aux collectivités territoriales. (Note. Le besoin de chefs de projet RM et dématérialisation des informations, aujourd'hui et pour le lustre suivant, est au moins de 5 fois ce volume, à en juger par les projets signalés qui ne trouvent pas les compétences requises ou qui doivent débaucher des records manager en poste).

Soit aussi un poste ouvert de moins qu'en 2008 (14), mais cette année n'avait finalement recruté que 8 archivistes, tout en laissant sur d'autres quais nombre de candidats motivés éliminés pour des raisons techniques (l'obsolète latin classique par exemple...).

Le concours INP 2009 fera-t-il mieux ?

A première vue, ce n'est guère plus brillant :
  • Parmi les 9 lauréats de la spécialité Archives du concours Etat, une est déjà admise à l'ENSSIB et aura donc un choix heureux à faire. Pas de perte de poste ici, il y a deux admis sur liste complémentaire : 9 postes pourvus sur 9.
  • Les postes de conservateurs territoriaux sont encore une fois perdus, car le lauréat et les deux admis sur liste complémentaire sont déjà admis au concours Etat. Aurait-il été si difficile pour le jury d'inscrire par principe Jean-François Bissonnet et Thibault Billoir, les 9e et 10e du concours Etat, sur la liste complémentaire du concours territorial ??? 2 postes perdus, et 1 ou 2 archivistes -jugés compétents par ailleurs- renvoyés se tourner les pouces un an, on n'applaudit pas ! Pour mémoire, une liste complémentaire ne peut apparemment porter que 200% du nombre de candidats admis en liste principale. C'est sans doute une obligation réglementaire, mais rien n'empêche le jury de classer les 9e et 10e du concours Etat aux premiers rangs du concours territorial. La gaussianisation des notes de certains candidats est largement pratiquée par tous les concours pour gérer (oh, l'affreux verbe, et si nécessaire) les résultats. D'autre part, il pourrait y avoir une liste commune, comme dans les concours des grandes écoles scientifiques, où des pools d'épreuves permettent de classer des myriades de candidats et d'attribuer toutes les places. Car si la liste complémentaire de Polytechnique peut se permettre de ne comporter qu'une petite dizaine de noms, les ENSI reçoivent des candidats qui feront de bons ingénieurs, mais qui sont bien plus loin dans les classements du groupe concours polytechniques.
  • Concours interne d'Etat : 2 postes ouverts. L'une des candidats n'est admise que dans la spécialité archives, et devrait donc accepter le poste. M. Patrice Triboux est par contre premier sur liste complémentaire au concours territorial des conservateurs de musée. Les deux lauréats étant également lauréats pour le concours d'Etat, il peut donc faire un choix entre conservateur d'Etat en archives et conservateur territorial en Musée. [Mise à jour du 24/12/2009. Il n'a apparemment pas fait le choix des musées, et rejoint donc les rangs des archivistes : bienvenue ! Tous les postes internes d'Etat sont donc pourvus, avec un peu de chance]
  • Concours interne territorial : la lauréate est déjà lauréate du concours Etat : 1 poste perdu.
Pour 13 postes, on arrive donc à un total maximum de 11 recrutements. 3 de mieux qu'en 2008, mais 15% de postes perdus néanmoins. Et encore une fois, la spécialité archives est la seule à être traitée de la sorte, TOUTES les autres spécialités ont des listes principales et complémentaires suffisantes...

Il y a un problème, non ?

mardi 22 décembre 2009

Revendication d'archives

Le ministère de la Défense continue sa politique active de revendication des archives publiques post-révolutionnaires.
Il paraît par ailleurs qu'une décision a été rendue dans le contentieux Chasseloup-Laubat, qui était en appel. Le résultat porte je crois sur des points de forme et non sur le fond de la revendication. A suivre, je tente d'avoir plus de précision et si possible la Parole même du juge.

Le ministère de la défense, direction de la mémoire, du patrimoine et des archives, a exercé son droit de revendication prévu par la Loi sur de précieuses archives publiques relatives à la carrière du maréchal Soult et du maréchal Berthier.

Les registres de correspondance du maréchal Soult (1794-1814) sont d’une importance patrimoniale et historique majeure. Ces documents qui rejoindront les archives de la Défense permettront d’appréhender le fonctionnement de l’état-major de Soult, le mécanisme de prise de
décision, la vie dans les unités, l’administration militaire, l’entraînement, la distribution de vivres, le contrôle sanitaire des denrées, les rapports avec la population, la justice militaire, le service de santé, la solde des troupes, etc. Il est à noter qu'en raison du peu d’empressement des maréchaux d’Empire à remettre leurs archives au dépôt de la Guerre, le ministère de la Défense ne dispose dans ses archives que d'un seul fonds pour les sept commandants en chef des corps de la grande armée, le fonds Davout, donné par ses descendants au dépôt de la Guerre en 1875 [autrement dit, il reste quelques revendications en perspectives... Si c'est là l'étendue des dégâts, rien d'étonnant que les règlements militaires après la Restauration du XIXe siècle aient prescrit, à la mort des officiers supérieurs et généraux, une saisie conservatoire de leurs papiers avant restitution à la veuve des seuls papiers privés].

Les autres pièces de cette revendication* *contiennent, sous la forme d'un registre, les missives rédigées au nom de l’Empereur par le major général de la grande armée, le maréchal Berthier (1805-1806).

Un autre lot composé de sept registres de correspondance regroupe les minutes des correspondances du général Foy (1799-1813) concernant la campagne d’Helvétie et du Danube, l'Armée d’Italie, les missions lointaines et la guerre d’Espagne). Aucun registre du général n’était jusqu’ici conservé par le ministère de la défense, bien qu'ayant participé à des missions comme l’expédition à Constantinople sous les ordres du général Sébastiani.

S'ajoutent à cette revendication le rapport général des marches, mouvements et opérations du 4e corps d’armée ainsi que les copies de correspondance du général Clarke adressées à l’Empereur (1806-1807). Ces lettres, rédigées après la chute de la ville d’Erfurt, alors que le général avait été nommé gouverneur de la ville, relatent un compte rendu à l’Empereur sur les contributions dues par la municipalité. Ces correspondances permettront d’étudier l’immédiate occupation française en Prusse en 1806 après la victoire d’Iéna.

Recherchées depuis des années, ces archives, qui rejoindront le service historique de la défense sont d'une importance primordiale. Elles constitueront une source inestimable pour la communauté scientifique.

--
Laurent Veyssière
Conservateur en chef du patrimoine
Chef du bureau de la politique des archives et des bibliothèques (BPAB)

Ministère de la Défense
Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives
37 rue de Bellechasse
F-75007 Paris
tél. : 01-44-42-12-86
fax : 01-44-42-16-02
mél : laurent.veyssiere@defense.gouv.fr

vendredi 18 décembre 2009

Gestion de l'information et accessibilité

Il n'est pas toujours facile de faire coexister des outils efficaces de RM, techniquement complexes et assez peu "partageurs", avec les exigences d'accessibilité qu'ont les personnels handicapés et les logiciels spécifiques développés à leur intention.
Il s'agit pourtant d'une contrainte à prendre en compte autant que possible -je ne suis pas un spécialiste de la réglementation du domaine, mais l'aménagement du poste et de l'outil de travail aux besoins de l'employé est la règle quel que soient les capacités physiques de l'employé.

Le 12e prix CEGOS de l'intranet a pris en compte cette problématique en attribuant son grand prix 2009 à la Bibliothèque nationale de France pour la mise en accessibilité stricte de son intranet.
On n'est pas ici directement dans du RM, bien que cet outil intègre des échanges dynamiques de contenu avec l'EDRMS de l'établissement, mais le RETEX (retour d'expérience) organisé à cette occasion n'est pas inintéressant.

Si les courses de Noël n'occupent pas déjà entièrement votre esprit, la Bibliothèque nationale de France organine une présentation de l'accessibilité de son intranet aux personnes en situation de handicap visuel, lauréat du grand Prix Cegos 2009 (catégorie e-Rh et management)

le mardi 22 décembre 2009 à 10 heures,

BnF, François-Mitterrand,
quai François Mauriac - Paris 13ème
Salle des commissions (salle 70).
entrée Hall Est
plan d'accès et transports en commun

Une présentation de la démarche de mise en œuvre de l'accessibilité de l'intranet de la BnF aux personnes en situation de handicap visuel et une démonstration de la navigation à l'aide d'une plage braille et d'un outil de vocalisation vous seront proposées par la Mission Handicap et la Mission communication interne.
Cette présentation sera suivie d'un temps d'échanges avec la salle.

Merci de confirmer votre présence par retour de courriel : communication.interne@bnf.fr
Voir aussi sur le site du CEGOS la fiche descriptive très intéressante d'un intranet communautaire -sans par contre que soie décrite aucune procédure de conservation organisée des données et documents, on reste sur sa faim- chez Dassault.

jeudi 10 décembre 2009

Archivez... à partir d'une bibliothèque

Petit coup de projecteur sur PRISME pour les archivistes, à l'occasion du partenariat signé entre la Chambre de commerce et d'industrie de Parie et la Bibliothèque nationale de France

PRISME, ou en développant l'acronyme le Pôle de ressources et d’information sur le monde de l’entreprise, situé en Bibliothèque d’étude de la BnF sur le site de Tolbiac, rassemble un fonds de documents à usage professionnel, tant sur support papier que numérique, qui peuvent être une ressource précieuse pour les chargés de projets en archivage (au sens large du terme) et les entrepreneurs.

Les études de marché couvrent l’ensemble des secteurs de l’industrie, du commerce, des services et de l’artisanat en France et dans de nombreux pays étrangers, voire au niveau mondial. Elles émanent :

* de grands bureaux d’étude français et internationaux (Eurostaf, Xerfi / Precepta, Euromonitor, Idate, MSI, Benchmark Group…)
* d’éditeurs commerciaux et institutionnels (Chambre de commerce et d'industrie de Paris, Ubifrance, Agence pour la création d'entreprises…)
* d’organismes professionnels (Institut français de la mode, IFLS – industrie commerce…)

L’information sur les sociétés comprend à la fois

* des annuaires et des répertoires d’entreprises, généraux et par branche d’activité (Kompass, Ficom, Stratégies…)
* l’analyse financière en ligne, grâce à de nombreuses bases de données sur les entreprises françaises et étrangères (DafsaLiens, portail Orbis : Diane, Amadeus, Bankscope, Zephyr…)
* des profils d’entreprises réalisés par des cabinets d’analystes (Datamonitor, Euromonitor, Xerfi…)

La presse professionnelle permet de suivre l’actualité des secteurs d’activité et des entreprises :

* 200 titres professionnels, économiques et financiers sur support papier, complétés par les périodiques électroniques
* des bases de données pour accéder aux références ou au texte intégral d’articles sur un sujet précis : Delphes, Europresse, Factiva, Business Source Complete…

Une sélection de documents pratiques répond plus particulièrement aux attentes des demandeurs d’emploi et des créateurs d’entreprise. Ils concernent :

* les métiers, les formations et les techniques de recherche d’emploi
* les outils et les niches sectorielles de la création d’entreprise.

La BnF propose un titre d’accès et des services spécifiques pour les professionnels.

Cette salle de lecture dédiée est située au sein du département Droit, économie, politique de la BnF, et donc à proximité des sources juridiques conservées dans l'établissement : un temps, un lieu, des ressources pour bâtir son référentiel de conservation, consulter les études sectorielles SERDA-Lab, jauger le marché du tiers-archivage ou du conseil RM à partir des bases de données économiques...

mercredi 9 décembre 2009

Archivistes et DSI réunis par l'AAF (2)

Mise à jour.
Suite à une impatience populaire difficilement contenue qui aura presque éclipsé France-Irlande et le tirage au sort des poules de la coupe du monde de football, l'AAF et Shearman & Sterling ont avancé de 2 jours la date du petit-déjeuner/débat sur Archivistes/DSI/..., qui aura donc lieu le 12 janvier.
Il est nécessaire de se réinscrire.

Une petite vidéo des manifestations monstres qui ont amené l'AAF à céder à la volonté du peuple. Amis manifestants, encore un effort et l'événement sera avancé à la semaine prochaine !

jeudi 3 décembre 2009

Archives et DSI réunis par l'AAF

La commission des archives électroniques de l'AAF organise le 14 janvier (8h30-10h30) une table ronde fort alléchante, mêlant archivistes, informaticiens et juristes, autour de notre problématique par excellence : travailler ensemble.

Archiver le patrimoine numérique,
un challenge commun Archivistes-DSI


Shearman & Sterling LLP, salle prestige – 114 Avenue des Champs Elysées – 75008 Paris

Quand un DSI et un archiviste se rencontrent pour parler d’archivage électronique se comprennent-ils et parlent-ils le même langage ? On peut en douter. Pourtant, pour répondre aux besoins de l’entreprise, archivistes et DSI doivent dialoguer et mettre en commun leur savoir-faire.

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PROGRAMME

1. Introduction générale et présentation de la Commission Archives Electroniques (CAE) de l’AAF, par Frédérique Fleisch

La mise à jour de la norme NF Z 42-013 incite les archivistes de la CAE à promouvoir leur expertise et à présenter leurs travaux.

2. L’archivage légal : une question de gestion des risques, par Estelle Huguin

Un premier cas de jurisprudence illustre la nécessité de dépasser la notion stricte de coffre fort pour prendre en compte l’ensemble des composants techniques et documentaires d’un Système d’Archivage Electronique (SAE). Aujourd’hui, la gestion des risques est une nécessité.

3. Un exemple concret : la conservation à long terme des maquettes numériques en 3D, par Isabelle Bignand et Frank Nuwendam

4. Archiver le patrimoine numérique, par Anita Frieh et Hervé Bousquet

Les archivistes de nouvelle génération, des pilotes dans les projets de SAE.

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INTERVENANTS

- Frédérique Fleisch, présidente de la Commission Archives Electroniques (CAE)
- Estelle Huguin, avocate Peltier Chesneau
- Isabelle Bignand, IBM Global Business Services - Manager de la Practice Content management IBM
- Frank Nuwendam, IBM Global Business Services - Consultant Knowledge Management / Content Management
- Hervé Bousquet, Sanofi-Aventis et membre de la CAE
- Anita Frieh, Shearman & Sterling LLP et membre de la CAE

Pour confirmer votre participation écrire à aafcae@googlemail.com

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ACCES

114 avenue des Champs Elysées – 75008 Paris
Métro : ligne 1 Georges V, ligne 9 Franklin Roosevelt
RER A Charles de Gaulles-Etoile
Bus : 73, 80, 31
Parking : 66 Avenue des Champs Elysées

lundi 30 novembre 2009

Mise à jour de la modélisation

Suite à divers échanges (merci particulièrement à Jean-Daniel Zeller), la boite à outils visant à une mise en oeuvre efficace d'un projet d'archivage/records management s'est réorganisée pour plus de lisibilité.
L'objectif est désormais d'affiner le contenu pour ECA 2010 et de présenter au moins un livre blanc à ITIFORUM 2010, avec toujours la cartographie format A3 , mais aussi une structuration plus simple pour l'affichage :
Enfin, un certain nombre de benchmarks, de ressources et de retours d'expérience directs devraient enfin nourrir ce cadre théorique.

mercredi 25 novembre 2009

Le projet Danois d'archivage numérique

L'équivalent Danois d'un projet de type PILAE. Plus que les actes du colloque, il s'agit d'un livret de présentation du programme des archives nationales.
Last year in October, the Danish National Archives hosted a symposium about the transfer, preservation of and access to born digital records, based on the Danish experiences.
As one of the few archival institutions in the world, the Danish National Archives has gone through all steps of its current preservation strategy, including media- and format conversion of older born digital records and the development of tools for access.
The manuscripts from the presentations at the symposium are now available as a PDF-publication which can be downloaded from the homepage of the National Archives:
Best regards,
Jan Dalsten Sørensen
Department of Appraisal and Transfer,
Section for Digital Archiving,
Danish National Archives

mercredi 18 novembre 2009

Légiférer sur les archives par copier-coller

Abdelkrim Badjadja, consultant en archivistique, ancien directeur général des Archives nationales d'Algérie, tente de proposer un kit législatif qui pourrait être proposé aux différents pays qui n'ont encore aucune législation de ce type.

L'approche n'est pas juridique mais archivistique, avec tous les blancs qu'entraîne dans le projet la nécessité de prévoir les législations nationales fort différentes. On appréciera par contre tout particulièrement, juste après les indispensables définitions, la formulation lapidaire et puissante des deux fonctions des archives.


Article 6- Les archives sont le garant de l'état de droit par le soutien à la prise de décision, à la bonne gouvernance, à la transparence, à l'exercice de la démocratie, à l'affirmation des droits de l'homme, ainsi que par la preuve juridique qu'elles constituent.

Article 7- Les archives constituent un élément essentiel de l'affirmation de l'identité nationale, de la citoyenneté, de la mémoire collective, de la culture nationale, en même temps qu'elles témoignent des différentes périodes de l'histoire nationale.

Il vaudrait la peine de partir de ces paragraphes pour examiner la pertinence actuelle de la notion de continuum archivistique, mise en regard des critères d'évaluation de l'information selon cette double loupe. Un continuum, deux métiers ?


Le projet complet est exposé ici, ainsi qu'un point de vue fort intéressant sur le "contentieux archivistique" franco-algérien, où M. Badjadja évoque son expérience de directeur des AN Algériennes de 1992 à 2001 et ses relations avec des archivistes français.

mardi 17 novembre 2009

Malte à portée de clic !

Et non, pas d'offre de couchsurfing sur les bords de la Méditerrannée, mais une offre de représentativité à la CITRA 2009 par nos super-collègues des Flying Reporters -puissent leurs ailes ne jamais se décoller à la châleur du soleil.
Chers collègues,

Les Reporters volants sont de retour cette semaine : à Malte, pour couvrir la Conférence CITRA 2009, mais également à Montevidéo pour le congrès des archivistes du Mercosur. Vous pouvez suivre ces deux événements grâce à nos deux sites Web :

* http://flyingreporters.ica.org/malta2009/fr/
* http://flyingreporters.ica.org/montevideo2009/es/


Nous vous invitons également à consulter le programme de la Conférence CITRA (http://citra2009.ica.org) et si vous souhaitez poser vos questions à certains intervenants, n'hésitez pas à nous les envoyer. Les Reporters se chargeront de les retransmettre au cours de la séance. Vous ne savez pas comment faire ? Reportez-vous à cette page : http://flyingreporters.ica.org/malta2009/fr/2009/11/16/posez-vos-questions/

Merci par avance de bien vouloir transmettre ce message à vos contacts et sur vos listes de diffusion respectives.

Cordialement,

Christophe Jacobs

CONSEIL INTERNATIONAL DES ARCHIVES

INTERNATIONAL COUNCIL ON ARCHIVES

60 rue des Francs-Bourgeois

75003 PARIS - France

T: 33 (0)1 40 27 61 10

F: 33 (0)1 42 72 20 65

jacobs@ica.org

www.ica.org

Couchsurfer à Genève

Pour encourager de jeunes participants désargentés à suivre l'ECA 2010 à Genève, voici une sympathique initiative de couchsurfing professionnel pour réduire au minimum les frais à engager pour les participants n'ayant pas de sponsors trop généreux. N'ayant aucun chalet genevois je ne peux faire que relayer l'information et proposer mon propre canapé pour les prochaines conférences parisiennes, du moins s'il n'est pas occupé par le Maître du kung-fu.
Bonjour,

Nous sommes étudiantes en information documentaire à la Haute Ecole de Gestion de Genève et avons été mandatées pour organiser un système de couchsurfing pour la 8ème Conférence européenne sur l'archivage digital. Comme vous l'avez peut-être vu sur le site officiel, il s'agit de trouver un hébergement pour les participants ayant peu de moyens (dont les jeunes professionnels)

Pour organiser ce service, nous recherchons des volontaires pour accueillir ces personnes, gratuitement ou à très bas prix. Un canapé ou un matelas gonflable est tout à fait suffisant. Le plus important est d'habiter Genève (ou à proximité) afin que les participants puissent se rendre facilement sur le lieu de la conférence.

Dans la mesure du possible, nous aimerions trouver des hôtes travaillant également dans le domaine des archives, ceci afin de faciliter les échanges.

Pour plus de renseignements ou pour une préinscription à notre service, vous pouvez nous joindre à l'adresse suivante : ecasleep@gmail.com.

Merci d'avance!

Le groupe de couchsurfing pour l'ECA2010:

Sarah Cortat,
Christine Guinchard,
Sophie Perrin,
Daniela Ruegg,
Gülsen Yildirim

lundi 16 novembre 2009

RM, In hoc signo vinces !

Dans un monde hyperconnecté, même le dimanche n'est plus le havre de paix et de relaxation qu'il était -entendre qu'à l'époque de Flavius Valerius, lui pouvait gratter les oreilles de son chat en tendant les siennes vers les meilleures émissions de radio du temps, jeter un oeil sur le match de coupe de la Mare Nostrum Alamans-Romains (victoire des impériaux 0-1, but de Crispus à la 72e) et lire en même temps les cartes postales du voyage de sa mère en Terre Sainte (30 rouleaux de parchemin sur l'extrapolation de la forme de la Vraie Croix à partir d'un fragment retrouvé de la taille d'une allumette). Quel veinard ce Constantin* !

Aujourd'hui ? A peine le temps de se réveiller, de cheminer jusqu'à la Cité de l'architecture et du patrimoine voir les tepees des réflexions sur le Grand Paris.
Déjà ensuite, se précipiter pour revenir dans une lointaine banlieue par diverses formes de transports en communs -en langage architectien, profiter de "Paris poreux"/"suivre l'avenue de la Seine"/"aller d'un noeud à un autre dans Paris Métropole"/etc-. Manger, vite, une soupe désydratée, se changer, aller courir deux heures dans un bois parisien environnant pour vérifier que la Nature intégrée à la Cité est encore à portée de bruit de moteur et d'odeur de ville, et fait cohabiter la nuit à quelques pas les uns des autres offres sensuelles tarifées, SDF semi-sédentarisés et joggeurs combattant inactivité ou cholestérol. Déjà le téléphone bruit d'importantes nouvelles, le mail clignote de dépêches et les flux RSS font tourner le petit compteur des billets non lus à la vitesse de croissance de la dette nationale. Même les petits oiseaux font twit twit au lieu de vérifier si leur passeports pour les pays chauds comporte bien un visa valable jusqu'au printemps...

Puer, si move, aurait-dit Gallilée de la Terre dominicale. Dont acte, et revue de presse des différentes actualités du dimanche.

  • First things first :IBM, Canonical (la société d'Ubuntu) et Red Hat (une autre distrib Linux) se sont récemment associés pour porter vers un OS libre et facilement installable la solution Lotus d'IBM -avec son environnement de travail complet qui inclut Harmony (= OpenOffice.org), un mail, un chat et des outils de partage de documents et de workflows tout à fait intéressants pour construire un EDRMS performant. IBM Client for Smart Work est présenté , avec toutes les instructions pour être téléchargé, installé et testé facilement (soit en Red Hat soit en Ubuntu). Il ne s'agit bien sûr que d'une base, qui demande pour une solution de RM ou d'archivage à être paramêtrée, développée, nourrie de référentiels et d'annuaires, et qui n'est que la moitié client riche Lotus du couple client-serveur de cette infrastructure, sans le serveur Domino centralisé correspondant, mais on voit à travers cette mise à disposition sur un DVD bootable ce qu'on été, ce que sont et ce que seront les outils de RM : la première génération utilise logiquement des outils propriétaires (IBM, Microsoft ou autres) pour obtenir la stabilité technique indispensable à un déploiement réussi. La deuxième génération, en train d'émerger, va travailler sur l'ergonomie et le confort des utilisateurs, de l'administrateur réseau à "l'agent lambda", tout en préparant une vraie révolution technique qui sera le passage au libre total -soutenu bien sûr par des sociétés de services.
  • La CADA a rendu un avis sur la communicabilité du contrat Google-Bibliothèque municipale de Lyon, à la demande de Livres Hebdo. Favorable à la communicabilité. Je regarde le cas avec intérêt et pas mal d'interrogations car il contient en fait la limite, pour l'Etat sous ses différentes formes, du droit à opposer en général et dans le détail, le secret industriel et commercial à une demande de transparence administrative totale -qui peut être préjudiciable éventuellement à la capacité d'un établissement ou d'une collectivité à mener certaines actions. A premier examen, d'autres décisions CADA (catégorie Contrat administratif) sont moins tranchées que cet avis quant à la communicabilité de la totalité des contrats, mais il ne s'agit pas du tout d'une position isolée ou nouvelle de la Commission.
  • Ah oui, j'ai failli oublier : le ministère de la Culture et de la communication s'est réorganisé. CF JORF n°0265 du 15 novembre 2009. Cela ouvre d'infinies perspectives, car cela signifie que "le plus court chemin entre la loi et [n]ous" paraît aussi le dimanche -pour quels promeneurs ? Mais là n'est pas l'essentiel :


MINISTERE DE LA CULTURE ET DE LA COMMUNICATION

17 Décret n° 2009-1393 du 11 novembre 2009 relatif aux missions et à l'organisation de l'administration centrale du ministère de la culture et de la communication
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000021262661&dateTexte=&categorieLien=id

Le MCC est donc réorganisé comme prévu de longue date en trois directions et un secrétariat général :
Article 1
L'administration centrale du ministère chargé de la culture comprend, outre l'inspection générale des affaires culturelles, le haut fonctionnaire de défense et de sécurité, la délégation générale à la langue française et aux langues de France, le département de l'information et de la communication et le bureau du cabinet, directement rattachés au ministre :
1° Le secrétariat général [avec un secrétaire général assisté d'un SG adjoint, directeur, parce que cette réduction de dix à trois directions ne signifie pas non plus apparemment que trop de hauts fonctionnaires se retrouvent sur le carreau] ;
2° Les directions générales suivantes :
― la direction générale des patrimoines ;
― la direction générale de la création artistique ;
― la direction générale des médias et des industries culturelles.


Parties de l'article 3 intéressant les archives et/ou le RM
La direction générale des patrimoines définit, coordonne et évalue la politique de l'Etat en matière d'architecture, d'archives, de musées et de patrimoine monumental et archéologique.
[...]
Elle définit, coordonne et évalue l'action de l'Etat en matière de collecte, de conservation, de communication et de mise en valeur des archives publiques à des fins administratives, civiques, scientifiques et culturelles, dans le cadre des orientations du comité interministériel des Archives de France [créé par décret du 23 janvier 2002, mais je n'ai pas bien réussi à savoir s'il s'était déjà réuni ou quelle était son action]. Elle veille à la sauvegarde des archives privées présentant, du point de vue de l'histoire, un intérêt public. Elle est chargée de la transmission aux générations futures du patrimoine archivistique.
[Peu de chose en fait sur une éventuelle participation active et prospective à la transparence administrative de l'Etat et des collectivités territoriales, sur l'accompagnement de la dématérialisation des processus de travail et l'accompagnement au changement...]
II. ― Elle élabore, en lien avec le secrétariat général, les dispositions législatives et réglementaires relatives à la circulation des biens culturels, aux archives, aux musées, à l'archéologie, aux monuments historiques, aux espaces protégés, à l'inventaire général du patrimoine culturel, à l'architecture et au cadre de vie, ainsi que les dispositions législatives et réglementaires régissant les enseignements et les professions relevant de ses domaines de compétence. Elle en coordonne l'application et veille à leur mise en œuvre.
Elle exerce le contrôle scientifique et technique de l'Etat sur les archives publiques et sur les archives privées protégées [une mesure strictement patrimoniale encore une fois, logique pour cette direction mais qui ne doit pas masquer qu'il ne s'agit que d'une infime partie du métier d'archiviste], sur les musées de France, sur les opérations archéologiques, sur les monuments historiques et les espaces protégés ainsi que sur les opérations d'inventaire général du patrimoine culturel. Elle assure la mise en œuvre des dispositions législatives et réglementaires qui lui confèrent une compétence d'inspection, d'avis ou d'autorisation au titre de la protection des patrimoines ou de la qualité architecturale ou paysagère.
Elle organise la collecte, la production et la diffusion des données scientifiques, notamment sous forme numérique, dans ses domaines de compétence [= expertise ou développement de la recherche, pas RM].
Elle exerce le droit de préemption prévu par le code du patrimoine.
Elle veille, dans son champ de compétence :
― à l'observation et au développement du marché de l'art et du mécénat ;
― au suivi des questions sociales, économiques et fiscales intéressant les disciplines et les professions ainsi qu'à la concertation avec les professionnels concernés ;
― à l'organisation de la formation initiale et continue, de la recherche ainsi qu'à la valorisation des résultats ;
― à la sensibilisation, au développement et à la satisfaction des publics et plus généralement à la démocratisation culturelle et au développement de l'éducation artistique et culturelle ;
― au développement de l'action européenne et internationale.
III. ― Elle contribue, pour ce qui la concerne, à la politique et à la gestion des ressources humaines, à la stratégie et à la gestion budgétaire, à la tutelle des organismes relevant du ministère, au pilotage des opérations d'équipement, à l'animation des services déconcentrés, aux travaux d'étude, d'observation et de recherche, à la conception et à l'organisation des événements culturels.
IV. ― Le directeur général des patrimoines est assisté d'un directeur, adjoint au directeur général, et de deux directeurs adjoints qui peuvent être chargés de l'architecture, des archives, des musées ou du patrimoine, ainsi que d'une mission transversale au sein de la direction générale. [Il se murmure que Martine de Boisdeffre pourrait prendre cette place de directeur, adjoint, soit devenir une sorte de numéro 1bis ou seconde SG, mais on imagine assez facilement que la concurrence doit être rude à ce niveau de pouvoir]

Au total, il manque à mon humble avis le suivi juridique des textes concernant les durées d'utilité des documents produits ou conservés par l'Etat -ou du moins la centralisation des apports en ce domaine et leur mise à disposition, ainsi que toute mention d'une participation des archives à la production des documents notamment ceux nativement électroniques et pour lesquels il est nécessaire à l'archiviste de quitter sa tour patrimoniale pour le cambouis de l'utilitarisme immédiat : en un mot, je ne trouve pas le RM dans les missions de la Direction générale des patrimoines. Mais fallait-il s'attendre à l'y rencontrer ?

C'est triste comme un lundi, ou comme la pluie en novembre :






* Si j'en crois sa biographie officielle par le zèbre de Césarée, ce flemmard progressiste est même, à partir de 337, à l'origine de la pratique coutumière, jusqu'à une date récente, de ne pas travailler les lundis de Pentecôte.